la transition énergétique

A l’heure où l’AIE et le GIEC reconnaissent que l’augmentation des gaz à effet de serre est essentiellement d’origine anthropique et que les changements climatiques qui en résultent mécaniquement seront catastrophiques pour l’humanité toute entière, si l’on continue dans cette voie (+6°C prévus d’ici la fin du siècle), la loi de programmation pour la transition énergétique, très loin d’être à la hauteur des enjeux est un bien mauvais signal à un an de la COP 21 qui se déroulera en France en 2015.

 

Ne nous faisons aucune illusion, il ne peut y avoir de réelle transition énergétique que si nous diminuons drastiquement nos consommations d’énergie, autrement dit si nous sortons du productivisme et du consumérisme dans lesquels nous sommes engagés.

Ni la poursuite du techno-scientisme avec son lot de projets plus fous les uns que les autres allant de la géo-ingénierie à l’enfouissement profond des déchets nucléaires ou à l’EPR de Flamanville, ni la troisième révolution industrielle où les villes et les objets intelligents peupleraient notre quotidien ne sont des solutions à la crise climatique.

 

Malgré l’urgence climatique les lobbies de l’énergie s’acharnent à nous imposer une production croissante : le pic de pétrole leur a permis de justifier la ruée vers les énergies fossiles non conventionnelles, dont l’extraction est très polluante, la fermeture des centrales nucléaires les plus dangereuses n’est toujours pas à l’ordre du jour  et voilà maintenant que le lobby du nucléaire se lance dans l’installation tous azimuts d’éoliennes et autres panneaux photovoltaïques et lignes THT associées avec comme corollaire, un réseau toujours plus centralisé.

Alors que l’épuisement des ressources naturelles devrait nous interdire cette ébriété énergétique, il n’y a aucun sens à continuer dans cette voie sinon celui de la spéculation et de l’enrichissement croissant des actionnaires de ces entreprises.

Changer complètement de paradigme et s’orienter vers un modèle de société réellement soutenable du point de vue écologique et plus juste socialement  devrait être un défi collectif enthousiasmant : laissons place à l’imagination et à  l’expérimentation.

 

Nous sommes à la croisée des chemins et nous devons faire des choix : consommer une génération de téléphone portable tous les six mois, aller toujours plus vite  ou nous appliquer à redéfinir nos productions industrielles par rapport à nos besoins fondamentaux (lutter contre l’obsolescence programmée et la publicité) ce qui nous permettrait de travailler moins et de regagner ainsi des parts de nos vies, de notre temps et de notre implication dans la vie de la cité, mais surtout de limiter notre empreinte en terme d’énergie et de ressources naturelles.

 

Relocaliser, autant que faire ce peut, nos productions industrielles comme agricoles à la fois pour reprendre le contrôle de ce que nous produisons et pour limiter le gaspillage d’énergie que nécessite les crevettes péchées à … et épluchées à … et revendues dans nos supermarchés ou les tomates espagnoles vendues aux Pays-Bas alors que les tomates hollandaises se vendent en France : ce grand déménagement planétaire quotidien est un modèle dépassé et ne sert que des profits privés.

 

Sortir l’agriculture de sa dépendance aux énergies fossiles à la fois par l’utilisation intempestive d’engrais et de produits chimiques (pesticides….) et par la taille toujours plus importante des exploitations agricoles qui éloigne les terres de leurs exploitants. Pourtant, favoriser de petites unités de productions de qualité, proches des lieux de distribution serait plus convivial, moins gourmand en énergie et porteur d’emplois.

Préserver nos terres agricoles : elles ne doivent pas servir à produire d’agro-carburants et ne pas céder à la tentation d’énormes usines à vaches qui cachent un méthaniseur associé (usine mille vaches).

 

Les villes continuent de s’étaler et grignotent encore les terres agricoles. Les quartiers se spécialisent, les grandes zones commerciales fleurissent à la périphérie des villes, et la spéculation immobilière rejette toujours plus loin les habitants les plus pauvres. Cette organisation urbaine contraint à toujours plus de déplacements. Une ville, centrée sur la vie des quartiers, avec de petits commerces, des artisans, des habitats partagés  et des jardins collectifs  et entourée d’une ceinture verte  est moins énergivore.

Développer les transports doux et les transports collectifs à l’intérieur des villes comme entre les villes est une nécessité ; continuer à construire aéroports et  autoroutes est un non-sens voire une escroquerie quand on met en avant la transition énergétique.

 

Il y a encore bien des sources d’économies d’énergie accessibles par exemple dans l’habitat (isoler les bâtiments anciens, bannir le chauffage électrique, ect…). Le but n’est pas de faire un catalogue exhaustif mais de montrer que d’autres choix de sociétés sont possibles, plus soutenables, plus conviviaux, plus équitables, plus sobre en énergie.

 

Imaginer des modes de vie beaucoup plus sobres est un préalable à une réelle transition énergétique. A cette condition nous pourrons sortir du nucléaire au lieu de construire ITER et EPR et diminuer efficacement nos consommations d’énergies fossiles au lieu de continuer dans un extractivisme forcené avec son cortège de dégâts sociaux et environnementaux ici et ailleurs (ni pétrole ni uranium chez nous…).

Mais surtout, il faut s’orienter vers des productions locales d’énergie adaptées aux ressources de chaque territoire et aux besoins réelles des populations. Un réseau centralisé avec des productions énormes est source de rendement faible (pertes en lignes) et de la perte de contrôle des habitants, laissant place à toutes les dérives imposées par les hyper-entreprises ; le meilleur exemple actuellement est celui de l’éolien :  entre de petites unités alimentant un village ou une ferme et des grands champs d’éoliennes qui fleurissent dans nos campagnes et bientôt en mer, ne servant qu’à augmenter la quantité d’électricité produite par le gang du nucléaire (EDF, Aréva, RTE)… ont-ils oublié que le pic des métaux ?

Se tourner vers les énergies renouvelables ne sera salutaire que si nous respectons un mix dans la production, soigneusement adapté à chaque endroit : de l’éolien, du photovoltaïque, de l’hydro- électricité, du bois, de la méthanisation, de la méthanation… il y a des solutions.

Laissons les populations expérimenter, sortons la recherche des griffes des lobbies et nous verrons naître de réelles alternatives qui laisseront un futur possible aux générations qui suivent.

 christine Poilly

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Non au renforcement de la ligne THT dans le Nord/Pas-de-Calais

Pourquoi c’est important

RTE (Réseau de Transport d’Électricité) a décidé de renforcer la ligne THT (très Haute Tension) entre Avelin (près de Lille) et Gavrelle (près d’Arras) en triplant la puissance de la ligne THT 400.000 volts sur un territoire déjà envahi de pylônes.

Les craintes justifiées de nombreux citoyens et associations et d’un certain nombre d’élus exprimées lors du débat public, celles du président de la commission du débat public sont restées vaines ; il en est de même pour les arguments démontrant l’inutilité d’un projet aussi démesuré au regard des réels besoins.
RTE ne tient pas compte du principe de précaution.
RTE, comme prévu, a annoncé qu’il ira jusqu’au bout du projet de renforcement … tout en indiquant son intention de dialoguer ! FLAGORNERIE !
Il semble clair que RTE veut tout simplement construire la ligne en dépit des arguments exprimés ; si nécessaire en ayant recours à la force comme en témoignent les douloureux évènements du Cotentin.
Nous affirmons notre opposition à un grand projet inutile et imposé qui ne permet pas aux citoyens d’être entendus. A maintes reprises il a été prouvé que ce projet est à la fois dangereux -pour la santé humaine, l’agriculture, l’environnement et la démocratie- …et inapproprié.
Le renforcement de ces lignes THT est prévu pour faciliter le marché des échanges d’énergies au niveau européen ; il se base sur des besoins en énergie en expansion dans les années à venir … ce qui est largement contesté et contestable !
Compte tenu des éléments déjà connus sur la nocivité des lignes THT et le manque d’objectivité dans ce dossier, nous demandons l’abandon du projet de renforcement de la ligne.
Cette pétition est à l’initiative du Collectif ANTI-THT 59/62 : anti-tht5962@lists.riseup.net

Signez la pétition et diffusez-la largement autour de vous.

 

1) Dans un premier temps, nous réclamons l’application du principe de précaution ; ce qui veut dire suspendre ce projet de ligne THT.

2) Dans un second temps, nous demandons : une ouverture vers des sources d’énergie plus respectueuses de l’environnement et de la santé publique ; la mise en place d’une commission sur les économies d’énergies ; Une décentralisation des moyens de production avec un contrôle citoyen au lieu d’une hypercentralisation, avec des pertes énormes, une non-implication des citoyens …

3) Cela doit aboutir à : abandonner ce projet coûteux et permettre plutôt de mettre en oeuvre une politique plus respectueuse de tous et de l’environnement.

 

(P.Rose)

(F)estives 2012 à Rossignol : eSpérimentons d’autres possibles !

Face à la croissance, nous objectons

Du 23 au 26 août ont eu lieu les 7e (F)estives ou rencontres transnationales d’Objecteurs de Croissance à Rossignol en Belgique. Plusieurs mouvements d’objecteurs de croissance et de très nombreuses personnes sympathisantes ont participé à des tables rondes et ateliers sur des thèmes autant théoriques que pratiques. Belges, Français, Québecquois, Britanniques, Luxembourgeois et une Brésilienne ont discuté constructions terre-paille, besoins fondamentaux, PIB, enseignement et autres dans une ambiance de fête. Les enfants n’ont pas été oubliés.

Les signataires de ce texte tiennent à exprimer, à l’occasion de ces Festives, leur profond désaccord avec les politiques mises en place un peu partout dans le monde, prônant l’austérité et la relance de la méga machine de la croissance de la production et de la consommation. Au contraire, les signataires alertent les responsables politiques du danger de ces mesures destructrices de la nature et de la planète autant que des hommes et des femmes qui la peuplent. Par les alternatives qu’ils portent dans les endroits où ils vivent et qu’ils observent un peu partout dans le monde, ils montrent d’ores et déjà que d’autres mondes sont possibles.

Au niveau individuel, nous avons déjà volontairement décru notre consommation. Nous réfléchissons au sens de notre activité, qu’elle soit rémunérée ou non. Au niveau collectif, nous participons et nous créons des groupes d’achat en commun, des donneries, des associations pour le maintien de l’agriculture paysannes, des potagers collectifs, des coopératives énergétiques, des monnaies locales, parmi des centaines d’autres actions allant dans le sens d’une convivialité plus grande et d’une consommation moindre et plus responsable.

Au niveau politique, nous souhaitons rejeter avec force les décisions prises pour gérer la crise actuelle. Cette crise à la fois économique, écologique, sociale, politique et anthropologique est aggravée par les mesures décidées par les hommes et les femmes de pouvoir.

Face au système qui affirme haut et fort qu’il n’y a pas d’alternative, nous objectons. Face au système qui sacrifie la planète et ses habitants à la croissance économique, nous objectons. Notre terme décroissance propose de défaire ce qui a été mal fait. Il propose de débattre des alternatives en commun, car nous osons dire que d’autres mondes sont possibles puisque nous vivons chaque jour dans la joie et la convivialité d’autres possibles.

Les (F)estives n’ont pas seulement pour but de parler et d’échanger autour de ces possibles : elles nous permettent de mettre en place des réseaux transnationaux dans lesquels nos concepts sont approfondis et ainsi, d’autres avenirs se projettent et se construisent.

Marie-Eve Lapy-Tries, porte-parole du Mouvement politique des objecteurs de croissance (Belgique)

Mouvement des objecteurs de croissance (France)

Collectif des objecteurs de croissance 59-62 (Nord Pas-de-Calais France)

Parti pour la décroissance (France)

Particuliers sympathisants : Posno Anouchka (Bruxelles), Ernotte Marie (Bruxelles), Collard Dimitri (Bruxelles)

Les (f)estives!

Dans une semaine auront lieu les 7èmes (F)estives :

rencontre francophones des objecteurs de croissance

à Rossignol, Gaume (Belgique), du 23 au 26 août 2012

Pour plus d’informations, cliquez ici

Pour la programmation, cliquez la

Les objecteurs de croissance face à la compétition politique

Ce document est mon mémoire de recherche de M1 science politique. Vous le trouverez en différents formats.

PDF

Livre papier
(Ce livre est publié en auto-édition et n’a pas d’ISBN. Le prix du livre représente le coût de l’impression. C’était une façon pour moi d’avoir un exemplaire de ce travail sous une jolie forme. Si plusieurs personnes veulent le commander, prévenez-moi, car en achetant plusieurs exemplaires le prix baisse.)

Boucler la boucle des législatives

Petit bilan télévisuel de notre campagne, en vous remerciant encore tous.