Durant la campagne électorale, un collectif regroupant des associations citoyennes, et des personnalités nous avait interpelé à propos de la façon dont nous voyons l’alimentation, avec tous ses corollaires (agriculture, environnement…) et ce que nous serions prêts à soutenir si nous étions élus. Voici la réponse des objecteurs de croissance de Lille

 

Dans le cadre des élections législatives, vous nous avez interpelés sur les politiques agricole et environnementale et sur les enjeux alimentaires.

Voici les réponses que nous souhaitons apporter.

 

La croissance telle que nous la prônent les politiques depuis des décennies, est corrélée à une augmentation continue de la consommation des énergies fossiles et des ressources non renouvelables. Or, nous sommes confrontés à des crises environnementales multiples : réchauffement climatique, acidification des océans, biodiversité en danger et raréfaction des ressources naturelles.

Ce système, basé sur le productivisme et l’hyperconsommation est un échec : il aboutit à une impasse écologique et accentue les inégalités (pauvreté au Nord et misère au sud).

Face à ce constat, nous pensons qu’il est urgent de sortir du capitalisme et de ses valeurs.

La décroissance n’est pas un retour en arrière mais une voie dans laquelle nous devons nous engager pour sortir  de l’engrenage destructeur du « toujours plus de biens, toujours plus vite, toujours plus loin, toujours moins cher ». C’est reconstruire une société socialement plus juste, écologiquement responsable qui laissera une place aux plus pauvres,  aux autres peuples et un futur possible aux générations qui viennent.

Il ne s’agit pas pour nous de prendre le pouvoir pour réformer mais de créer un rapport de force en faveur des alternatives que nous soutenons et en opposition avec la folie croissantiste.

Pour réussir cette transition, nous pensons qu’il est nécessaire :

  • D’instaurer une réelle démocratie

Pour éviter la confiscation du pouvoir par les élites, les experts, et les financiers

Relocaliser la vie démocratique (mandats électoraux non cumulables et révocables, référendum d’initiative populaire…), de telle sorte que les citoyens se réapproprient le contrôle et la gestion de leur territoire, la protection et le partage de leurs ressources naturelles (nous soutenons activement la lutte contre la ligne très haute tension entre Avelin et Gavrelle, qui va dans le sens du « toujours plus de production d’énergie, toujours plus centralisée »

Décider  localement et collectivement des orientations économiques

 

  • Encourager l’expérimentation collective

Nous voulons soutenir toutes les expérimentations qui se multiplient depuis quelques années  (habitats  partagés, habitats groupés, jardins collectifs, services d’échanges locaux, ateliers divers mutualisés, échange de savoir …)

Soutenir les initiatives autogérées

 

  • De relocaliser les productions et les consommations

Pour anticiper l’après pétrole   – Habiter, fabriquer, se nourrir, se déplacer-

Nous voulons soutenir l’agriculture paysanne en favorisant les circuits courts, les AMAP.

Nous proposons la création de monnaies locales, qui favoriseront l’achat de produits locaux et l’obligation pour les restaurations collectives d’acheter, dans la mesure du possible des produits locaux. (Réforme du code des marchés publics)

 

 

  • De préserver des ceintures vivrières autour des villes

En gelant tout nouveau projet immobilier, commercial ou routier…  (C’est pour cette raison que nous soutenons activement le combat contre l’aéroport notre dame des Landes)

En donnant la priorité aux collectivités locales ou aux associations (comme terres de liens, par exemple) pour le rachat de ces terres, ce qui permettrait de réinstaller des « petits paysans » autour des villes mais aussi dans les campagnes.

En réservant des parcelles de terres cultivables dans les villes pour  une pratique collective du maraichage bio ou d’autres voies de production douce et pour une transmission des savoirs liés à ces pratiques.

 

  • De garantir l’accès aux biens communs pour tous

Il s’agit d’une part, de protéger les ressources en instaurant un contrôle citoyen sur l’eau, l’énergie, la terre (les objecteurs de croissance de Lille font partie du collectif « pour la remise en régie publique de l’eau à Lille et le premiers m3 gratuits »)

D’autre part, d’en garantir l’accès à tous en instaurant une part de gratuité sur l’usage des biens communs (eau, énergie…) et en surtaxant les mésusages.

Mettre en parallèle du droit au logement, un droit d’accès à la terre.

 

  • De réhabiliter les territoires ruraux

En redonnant massivement des moyens, aux services publics (santé, éducation justice) en particulier en milieu rural. Garantir à tous l’accès à  ces services publics par leur proximité et par leur gratuité.

En luttant contre la privatisation des services qui se met en place insidieusement.

En permettant à de petits agriculteurs de s’installer, ce qui suppose une autre politique sur le foncier agricole, (captation des terres par l’agro-industrie)

 

  • De garantir à chacun une alimentation de qualité, en  soutenant une agriculture de qualité

En réduisant drastiquement l’utilisation des pesticides, désherbants et autres engrais chimiques qui détruisent peu à peu la terre agricole.

En interdisant les brevets sur le vivant (nous avons participé aux manifestations contre la loi ACTA et à la manifestation de Phalempin où nous dénoncions toute cette marchandisation du vivant via les brevets déposés par des entreprises mortifères et surtout puissant lobby)

Et plus largement en exigeant une application stricte du principe de précaution et une évaluation environnementale préalable à  toute décision ou orientation politique.

 

En soutenant l’agriculture paysanne, l’agriculture biologique et la permaculture et en pénalisant l’agriculture intensive

En interdisant tout élevage hors sol qui pollue nos ressources en eaux (cf Bretagne) et qui induit souvent les pires conditions de vie pour les animaux. (Nous étions sur les manifestations d’opposition à la ferme 1000 vaches d’Abbeville).

 

En s’orientant vers une alimentation moins carnée dans la restauration collective.

En réduisant la part de l’alimentation surgelée, très gourmande en énergie et la part des plats « tout prêts », très gourmands en emballages et en énergie.

Pour ces deux derniers points, il faut passer par l’éducation, pourquoi ne pas mettre de l’éducation à l’alimentation dans les programmes scolaires ?

 

  • De garantir à tous un revenu décent

Nous sommes pour un revenu inconditionnel d’existence partagé entre euros, monnaie locale et une part de gratuité des biens communs. (et un revenu maximum, à définir collectivement)

 

On pourrait alors partager le travail grâce à une réduction significative du temps de travail.

Ceci devrait avoir comme conséquence une réappropriation de la démocratie locale par les citoyens et surtout une réappropriation de leur propre vie : consommer autrement, s’informer, prendre le temps de la convivialité…

 

Relocaliser, c’est aussi

Refuser l’exploitation des autres peuples et de leurs ressources 

Est-ce bien utile d’importer des vaches du Brésil ?  Des fraises d’Espagne ?  Des pamplemousses d’Israel ?  Des agrocarburants ect…

L’accaparement des terres des autres peuples pour satisfaire nos caprices alimentaires est un véritable scandale.

Tous les paysans du monde doivent avoir un accès à la terre !

 

 

 

 

 

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