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A l’heure où l’AIE et le GIEC reconnaissent que l’augmentation des gaz à effet de serre est essentiellement d’origine anthropique et que les changements climatiques qui en résultent mécaniquement seront catastrophiques pour l’humanité toute entière, si l’on continue dans cette voie (+6°C prévus d’ici la fin du siècle), la loi de programmation pour la transition énergétique, très loin d’être à la hauteur des enjeux est un bien mauvais signal à un an de la COP 21 qui se déroulera en France en 2015.

 

Ne nous faisons aucune illusion, il ne peut y avoir de réelle transition énergétique que si nous diminuons drastiquement nos consommations d’énergie, autrement dit si nous sortons du productivisme et du consumérisme dans lesquels nous sommes engagés.

Ni la poursuite du techno-scientisme avec son lot de projets plus fous les uns que les autres allant de la géo-ingénierie à l’enfouissement profond des déchets nucléaires ou à l’EPR de Flamanville, ni la troisième révolution industrielle où les villes et les objets intelligents peupleraient notre quotidien ne sont des solutions à la crise climatique.

 

Malgré l’urgence climatique les lobbies de l’énergie s’acharnent à nous imposer une production croissante : le pic de pétrole leur a permis de justifier la ruée vers les énergies fossiles non conventionnelles, dont l’extraction est très polluante, la fermeture des centrales nucléaires les plus dangereuses n’est toujours pas à l’ordre du jour  et voilà maintenant que le lobby du nucléaire se lance dans l’installation tous azimuts d’éoliennes et autres panneaux photovoltaïques et lignes THT associées avec comme corollaire, un réseau toujours plus centralisé.

Alors que l’épuisement des ressources naturelles devrait nous interdire cette ébriété énergétique, il n’y a aucun sens à continuer dans cette voie sinon celui de la spéculation et de l’enrichissement croissant des actionnaires de ces entreprises.

Changer complètement de paradigme et s’orienter vers un modèle de société réellement soutenable du point de vue écologique et plus juste socialement  devrait être un défi collectif enthousiasmant : laissons place à l’imagination et à  l’expérimentation.

 

Nous sommes à la croisée des chemins et nous devons faire des choix : consommer une génération de téléphone portable tous les six mois, aller toujours plus vite  ou nous appliquer à redéfinir nos productions industrielles par rapport à nos besoins fondamentaux (lutter contre l’obsolescence programmée et la publicité) ce qui nous permettrait de travailler moins et de regagner ainsi des parts de nos vies, de notre temps et de notre implication dans la vie de la cité, mais surtout de limiter notre empreinte en terme d’énergie et de ressources naturelles.

 

Relocaliser, autant que faire ce peut, nos productions industrielles comme agricoles à la fois pour reprendre le contrôle de ce que nous produisons et pour limiter le gaspillage d’énergie que nécessite les crevettes péchées à … et épluchées à … et revendues dans nos supermarchés ou les tomates espagnoles vendues aux Pays-Bas alors que les tomates hollandaises se vendent en France : ce grand déménagement planétaire quotidien est un modèle dépassé et ne sert que des profits privés.

 

Sortir l’agriculture de sa dépendance aux énergies fossiles à la fois par l’utilisation intempestive d’engrais et de produits chimiques (pesticides….) et par la taille toujours plus importante des exploitations agricoles qui éloigne les terres de leurs exploitants. Pourtant, favoriser de petites unités de productions de qualité, proches des lieux de distribution serait plus convivial, moins gourmand en énergie et porteur d’emplois.

Préserver nos terres agricoles : elles ne doivent pas servir à produire d’agro-carburants et ne pas céder à la tentation d’énormes usines à vaches qui cachent un méthaniseur associé (usine mille vaches).

 

Les villes continuent de s’étaler et grignotent encore les terres agricoles. Les quartiers se spécialisent, les grandes zones commerciales fleurissent à la périphérie des villes, et la spéculation immobilière rejette toujours plus loin les habitants les plus pauvres. Cette organisation urbaine contraint à toujours plus de déplacements. Une ville, centrée sur la vie des quartiers, avec de petits commerces, des artisans, des habitats partagés  et des jardins collectifs  et entourée d’une ceinture verte  est moins énergivore.

Développer les transports doux et les transports collectifs à l’intérieur des villes comme entre les villes est une nécessité ; continuer à construire aéroports et  autoroutes est un non-sens voire une escroquerie quand on met en avant la transition énergétique.

 

Il y a encore bien des sources d’économies d’énergie accessibles par exemple dans l’habitat (isoler les bâtiments anciens, bannir le chauffage électrique, ect…). Le but n’est pas de faire un catalogue exhaustif mais de montrer que d’autres choix de sociétés sont possibles, plus soutenables, plus conviviaux, plus équitables, plus sobre en énergie.

 

Imaginer des modes de vie beaucoup plus sobres est un préalable à une réelle transition énergétique. A cette condition nous pourrons sortir du nucléaire au lieu de construire ITER et EPR et diminuer efficacement nos consommations d’énergies fossiles au lieu de continuer dans un extractivisme forcené avec son cortège de dégâts sociaux et environnementaux ici et ailleurs (ni pétrole ni uranium chez nous…).

Mais surtout, il faut s’orienter vers des productions locales d’énergie adaptées aux ressources de chaque territoire et aux besoins réelles des populations. Un réseau centralisé avec des productions énormes est source de rendement faible (pertes en lignes) et de la perte de contrôle des habitants, laissant place à toutes les dérives imposées par les hyper-entreprises ; le meilleur exemple actuellement est celui de l’éolien :  entre de petites unités alimentant un village ou une ferme et des grands champs d’éoliennes qui fleurissent dans nos campagnes et bientôt en mer, ne servant qu’à augmenter la quantité d’électricité produite par le gang du nucléaire (EDF, Aréva, RTE)… ont-ils oublié que le pic des métaux ?

Se tourner vers les énergies renouvelables ne sera salutaire que si nous respectons un mix dans la production, soigneusement adapté à chaque endroit : de l’éolien, du photovoltaïque, de l’hydro- électricité, du bois, de la méthanisation, de la méthanation… il y a des solutions.

Laissons les populations expérimenter, sortons la recherche des griffes des lobbies et nous verrons naître de réelles alternatives qui laisseront un futur possible aux générations qui suivent.

 christine Poilly

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Durant la campagne électorale, un collectif regroupant des associations citoyennes, et des personnalités nous avait interpelé à propos de la façon dont nous voyons l’alimentation, avec tous ses corollaires (agriculture, environnement…) et ce que nous serions prêts à soutenir si nous étions élus. Voici la réponse des objecteurs de croissance de Lille

 

Dans le cadre des élections législatives, vous nous avez interpelés sur les politiques agricole et environnementale et sur les enjeux alimentaires.

Voici les réponses que nous souhaitons apporter.

 

La croissance telle que nous la prônent les politiques depuis des décennies, est corrélée à une augmentation continue de la consommation des énergies fossiles et des ressources non renouvelables. Or, nous sommes confrontés à des crises environnementales multiples : réchauffement climatique, acidification des océans, biodiversité en danger et raréfaction des ressources naturelles.

Ce système, basé sur le productivisme et l’hyperconsommation est un échec : il aboutit à une impasse écologique et accentue les inégalités (pauvreté au Nord et misère au sud).

Face à ce constat, nous pensons qu’il est urgent de sortir du capitalisme et de ses valeurs.

La décroissance n’est pas un retour en arrière mais une voie dans laquelle nous devons nous engager pour sortir  de l’engrenage destructeur du « toujours plus de biens, toujours plus vite, toujours plus loin, toujours moins cher ». C’est reconstruire une société socialement plus juste, écologiquement responsable qui laissera une place aux plus pauvres,  aux autres peuples et un futur possible aux générations qui viennent.

Il ne s’agit pas pour nous de prendre le pouvoir pour réformer mais de créer un rapport de force en faveur des alternatives que nous soutenons et en opposition avec la folie croissantiste.

Pour réussir cette transition, nous pensons qu’il est nécessaire :

  • D’instaurer une réelle démocratie

Pour éviter la confiscation du pouvoir par les élites, les experts, et les financiers

Relocaliser la vie démocratique (mandats électoraux non cumulables et révocables, référendum d’initiative populaire…), de telle sorte que les citoyens se réapproprient le contrôle et la gestion de leur territoire, la protection et le partage de leurs ressources naturelles (nous soutenons activement la lutte contre la ligne très haute tension entre Avelin et Gavrelle, qui va dans le sens du « toujours plus de production d’énergie, toujours plus centralisée »

Décider  localement et collectivement des orientations économiques

 

  • Encourager l’expérimentation collective

Nous voulons soutenir toutes les expérimentations qui se multiplient depuis quelques années  (habitats  partagés, habitats groupés, jardins collectifs, services d’échanges locaux, ateliers divers mutualisés, échange de savoir …)

Soutenir les initiatives autogérées

 

  • De relocaliser les productions et les consommations

Pour anticiper l’après pétrole   – Habiter, fabriquer, se nourrir, se déplacer-

Nous voulons soutenir l’agriculture paysanne en favorisant les circuits courts, les AMAP.

Nous proposons la création de monnaies locales, qui favoriseront l’achat de produits locaux et l’obligation pour les restaurations collectives d’acheter, dans la mesure du possible des produits locaux. (Réforme du code des marchés publics)

 

 

  • De préserver des ceintures vivrières autour des villes

En gelant tout nouveau projet immobilier, commercial ou routier…  (C’est pour cette raison que nous soutenons activement le combat contre l’aéroport notre dame des Landes)

En donnant la priorité aux collectivités locales ou aux associations (comme terres de liens, par exemple) pour le rachat de ces terres, ce qui permettrait de réinstaller des « petits paysans » autour des villes mais aussi dans les campagnes.

En réservant des parcelles de terres cultivables dans les villes pour  une pratique collective du maraichage bio ou d’autres voies de production douce et pour une transmission des savoirs liés à ces pratiques.

 

  • De garantir l’accès aux biens communs pour tous

Il s’agit d’une part, de protéger les ressources en instaurant un contrôle citoyen sur l’eau, l’énergie, la terre (les objecteurs de croissance de Lille font partie du collectif « pour la remise en régie publique de l’eau à Lille et le premiers m3 gratuits »)

D’autre part, d’en garantir l’accès à tous en instaurant une part de gratuité sur l’usage des biens communs (eau, énergie…) et en surtaxant les mésusages.

Mettre en parallèle du droit au logement, un droit d’accès à la terre.

 

  • De réhabiliter les territoires ruraux

En redonnant massivement des moyens, aux services publics (santé, éducation justice) en particulier en milieu rural. Garantir à tous l’accès à  ces services publics par leur proximité et par leur gratuité.

En luttant contre la privatisation des services qui se met en place insidieusement.

En permettant à de petits agriculteurs de s’installer, ce qui suppose une autre politique sur le foncier agricole, (captation des terres par l’agro-industrie)

 

  • De garantir à chacun une alimentation de qualité, en  soutenant une agriculture de qualité

En réduisant drastiquement l’utilisation des pesticides, désherbants et autres engrais chimiques qui détruisent peu à peu la terre agricole.

En interdisant les brevets sur le vivant (nous avons participé aux manifestations contre la loi ACTA et à la manifestation de Phalempin où nous dénoncions toute cette marchandisation du vivant via les brevets déposés par des entreprises mortifères et surtout puissant lobby)

Et plus largement en exigeant une application stricte du principe de précaution et une évaluation environnementale préalable à  toute décision ou orientation politique.

 

En soutenant l’agriculture paysanne, l’agriculture biologique et la permaculture et en pénalisant l’agriculture intensive

En interdisant tout élevage hors sol qui pollue nos ressources en eaux (cf Bretagne) et qui induit souvent les pires conditions de vie pour les animaux. (Nous étions sur les manifestations d’opposition à la ferme 1000 vaches d’Abbeville).

 

En s’orientant vers une alimentation moins carnée dans la restauration collective.

En réduisant la part de l’alimentation surgelée, très gourmande en énergie et la part des plats « tout prêts », très gourmands en emballages et en énergie.

Pour ces deux derniers points, il faut passer par l’éducation, pourquoi ne pas mettre de l’éducation à l’alimentation dans les programmes scolaires ?

 

  • De garantir à tous un revenu décent

Nous sommes pour un revenu inconditionnel d’existence partagé entre euros, monnaie locale et une part de gratuité des biens communs. (et un revenu maximum, à définir collectivement)

 

On pourrait alors partager le travail grâce à une réduction significative du temps de travail.

Ceci devrait avoir comme conséquence une réappropriation de la démocratie locale par les citoyens et surtout une réappropriation de leur propre vie : consommer autrement, s’informer, prendre le temps de la convivialité…

 

Relocaliser, c’est aussi

Refuser l’exploitation des autres peuples et de leurs ressources 

Est-ce bien utile d’importer des vaches du Brésil ?  Des fraises d’Espagne ?  Des pamplemousses d’Israel ?  Des agrocarburants ect…

L’accaparement des terres des autres peuples pour satisfaire nos caprices alimentaires est un véritable scandale.

Tous les paysans du monde doivent avoir un accès à la terre !

 

 

 

 

 


samedi 2 juin, soleil et ambiance festive (déguisements, batteries de casseroles…)

quelques objecteurs de croissance de Lille ont rejoints leurs amis de Lens pour une manifestation d’opposition à la construction d’une ligne 2 fois 400 000 volts entre Avelin et Gavrelle. Nous étions environ 80 à participer à cette première action du collectif « stop THT », ce qui est encourageant.

Nous ne voulons pas de cette ligne :

  • outre les problèmes environnementaux qu’elle poserait (mise à mal de ce superbe paysage, destruction de biodiversité…), outre les problèmes de santé publique qui se poseraient (augmentation des leucémies infantiles, nervosité, migraines…) outre le prix exorbitant de ces travaux, nous jugeons cette ligne parfaitement inutile et le directeur de RTE, qui a largement dominé les réunions publiques ne nous a pas convaincu du contraire. Il a tenté sans arrêt de nous ramener vers des pseudo choix de tracé!
  • il s’agit pour nous de remettre en cause la politique énergétique globale de la France. En effet, à l’heure où les centrales nucléaires sont de plus en plus dangereuses à cause de leur vieillissement, à l’heure où nous dénonçons l’appui à des dictatures pour nous assurer un approvisionnement en Uranuim, à l’heure où nous savons que le pic des hydrocarbures a été dépassé, il s’agit de de s’orienter vers une société plus sobre en énergie, pas d’augmenter l’offre.
  • des scénarios de réduction drastique des consommations ont été proposés par des organismes indépendants (virage énergie, par exemple) : appareils plus efficients, isolation des bâtiments, révision de nos mode productions industriels et agricoles…   Mais cela n’intéresse pas RTE qui mise toujours plus de consommation (actionnaires obligent…) et sur une vente d’électricité dans les pays du nord (non démenti par le directeur de RTE)
  • bien sur, ils mettent en avant une production plus propre : énergie éolienne, photovoltaïque… Mais ces énergie ont été développées de façon complètement anarchique pour un profit maximal du lobby en particulier éolien (où l’on retrouve le gang du nucléaire : Aréva, RTE, EDF, Alstom…) et cette énergie est réintégrée dans un réseau de distribution toujours plus centralisé, ce que nous dénonçons (pertes en ligne, manque de contrôle des citoyens…)
  • Nous souhaitons une production basée sur les ressources locales des territoires (autant que faire ce peut), et avec un contrôle citoyen ; ne nous laissons pas confisquer une véritable transition énergétique, (au sens de la déclaration de Lézan, 2011) par les groupes du CAC40 !

Je viens de lire l’article qui est sorti dans l’édition de Villeneuve d’Ascq de la voix du nord de ce matin (07/06) et je suis atterrée : comment une journaliste peut écrire toutes ces âneries alors qu’on a discuté ensemble pendant plus d’une heure?

Maladresse « d’une journaliste surbookée » comme elle me l’a affirmé?          Massacre volontaire des candidats objecteurs de croissance?   (à qui profite le crime, comme s’interroge si justement notre ami Christophe dans l’émission les points sur les i poing barre de lundi dernier).

Je reprends point par point :

1)  Après avoir discuté de notre vision de la démocratie : des mandats uniques, dans leur nature (ne pas cumuler plusieurs mandats) et dans le temps (renouvellement des candidatures dans la mesure du possible), après lui avoir parlé notre soucis de colporter les idées de la décroissance dans ces élections, la journaliste écrit : « elle se lance pour la première fois dans la bataille…« , ce qui laisse supposer qu’il y en aura d’autres ! (non, ce n’est pas ma façon de voir les choses).

2) « Ce qui pourra être fait afin de convaincre de leur dogme : une croissance infinie est impossible dans un monde fini »  

Ce n’est pas un dogme dont nous nous servirions sans y avoir réfléchi, c’est juste une histoire de bon sens !!!

3) « Logiquement, ces objecteurs là soutiennent les AMAP, les SEL, tout ce qui fonctionne grâce au partage »                                              

Dabord je m’interroge : qui sont les autres objecteurs de croissance qui ne soutiendraient pas AMAP SEL … ???  De plus pour les AMAP, il ne s’agit pas de partage, il s’agit de soutenir l’agriculture paysanne !

4) « Délocaliser la démocratie? »  Je n’ai jamais parlé de délocaliser la démocratie, cela n’a d’ailleurs pas de sens…  j’ai parlé de retrouver plus de démocratie au niveau local afin que les citoyens reprennent le contrôle de leur territoire…

5)  Mais le plus grave reste pour moi cette phrase incroyable, que je n’ai jamais prononcé mais qui est entre guillemets ! ! !

En plus en relocalisant à tous les niveaux, on s’attaquerait aux causes de l’immigration de masse ! 

Reconnaissant que je n’ai jamais dit cela, elle promet de faire une correction à publier demain…

  • Non, nous ne voulons pas un repli identitaire !!! surement pas ; l’immigration n’est pas pour nous un problème à combattre !           je suis convaincue au contraire que d’une part que l’immigration est une chance pour la France et d’autre part qu’il faudrait que chaque être humain puisse se déplacer librement.
  • Si l’immigration me pose problème, c’est par le fait qu’elle soit souvent le résultat des conditions de vie insupportables que nous contribuons à créer dans les pays dits pauvres.

En effet, nous consommons, nous, populations des pays industrialisés, soit à dire 20% de la population mondiale, plus de 80% des  richesses (et nous voulons encore croître !).  Cela pose bien sur le problème du pillage des ressources (ressources en hydrocarbures, en métaux…)  mais aussi le problème des productions agricoles déplacées vers les caprices des pays riches (bananes, café, arachide, huile de palme….).  Laissons chaque peuple disposer de ces ressources naturelles, au lieu d’organiser un grand déménagement des ressources du monde vers quelques pays. Et si, après avoir revisité nos consommations par la sobriété nous avons besoin des ressources des autres peuples alors, achetons les au juste prix!!

Cessons aussi de délocaliser nos activités au moins disant social, de soutenir des dictatures pour pouvoir continuer à ponctionner les ressources des autres, à coup de corruption, de laisser les multinationales agir en toute impunité…

Et miraculeusement, les candidats à l’immigration se feront moins nombreux…

Et alors, oui, nous pourrons tous circuler librement, sans que l’immigration ne pose problème, mais qu’au contraire, elle devienne source d’enrichissement, sur le plan de la culture et de l’entraide entre les peuples

Ces propos sont très loin de ce qui est écrit dans la voix du nord;  j’espère que notre journaliste s’en inspirera pour rectifier ce qu’elle a écrit

Christine

[Edit du 08/06] La journaliste a bien publié une correction, que voici.


Le premier mai, c’est traditionnellement la fête de la louche d’or à Wazemmes. Chacun peut faire une soupe et venir la partager avec tous : c’est un moment de convivialité dans la ville.

La veille, un groupe d’escargots lillois investit la forêt pour récolter des orties ; grande question : fera-t-il beau demain…

Après une matinée  passée à confectionner une énorme marmite d’une délicieuse soupe  aux orties et une bonne heure pour l’inscription (soumise à des goûteurs avertis) et l’installation, voilà notre joyeuse équipe  prête pour une belle aventure.

Il fait très beau et notre stand est superbe : jolie table blanche, décorée d’escargots colorés et de gouttes d’eau et surtout l’énorme marmite de soupe.

Nous sommes huit  à distribuer de la soupe, distribuer les tracts pour notre ciné débat du 3 mai, les tracts pour les législatives, les tracts pour la fête des indignés du 12 mai et faire signer les pétitions « pour le retour en régie publique de l’eau à Lille ».

Les gens se sont déplacés nombreux pour cette première fête de l’année sous le soleil et il règne un parfum « d’entre deux tours des élections » qui laisse place à la discussion : merveilleuse opportunité pour parler de décroissance et de notre collectif.

Nous n’avons pas remporté la louche d’or mais nous sommes bien décidés à revenir l’an prochain.


Un petit texte que j’aimerais partager avec vous.

Un texte de Fred Vargas, écrivain que je trouve réaliste sans être catastrophiste, bref Fred Vargas.

Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l’incurie de l’humanité, nous y sommes. Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l’homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu’elle lui fait mal. Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d’insouciance. Nous avons chanté, dansé.
Quand je dis « nous », entendons un quart de l’humanité tandis que le reste était à la peine. Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides à l’eau, nos fumées dans l’air, nous avons conduit trois voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout monde, nous avons voyagé en tous sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent quand on marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la pluie, créé des clones, franchement on peut dire qu’on s’est bien amusés.
On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l’atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu.
Franchement on s’est marrés. Franchement on a bien profité. Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu’il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre.
Certes.
Mais nous y sommes. A la Troisième Révolution.
Qui a ceci de très différent des deux premières (la Révolution néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire) qu’on ne l’a pas choisie.
« On est obligés de la faire, la Troisième Révolution ? » demanderont quelques esprits réticents et chagrins.
Oui.
On n’a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé notre avis. C’est la mère Nature qui l’a décidé, après nous avoir aimablement laissés jouer avec elle depuis des décennies.La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les robinets. De pétrole, de gaz, d’uranium, d’air, d’eau.
Son ultimatum est clair et sans pitié : Sauvez-moi, ou crevez avec moi (à l’exception des fourmis et des araignées qui nous survivront, car très résistantes, et d’ailleurs peu portées sur la danse).
Sauvez-moi, ou crevez avec moi.
Evidemment, dit comme ça, on comprend qu’on n’a pas le choix, on s’exécute illico et, même, si on a le temps, on s’excuse, affolés et honteux.
D’aucuns, un brin rêveurs, tentent d’obtenir un délai, de s’amuser encore avec la croissance.
Peine perdue.
Il y a du boulot, plus que l’humanité n’en eut jamais.
Nettoyer le ciel, laver l’eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre en partant, veiller à la paix, contenir l’avidité, trouver des fraises à côté de chez soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile, laisser le charbon là où il est –attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce charbon tranquille- récupérer le crottin, pisser dans les champs (pour le phosphore, on n’en a plus, on a tout pris dans les mines, on s’est quand même bien marrés).
S’efforcer. Réfléchir, même.
Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire. Avec le voisin, avec l’Europe, avec le monde.
Colossal programme que celui de la Troisième Révolution. Pas d’échappatoire, allons-y. Encore qu’il faut noter que récupérer du crottin, et tous ceux qui l’ont fait le savent, est une activité foncièrement satisfaisante. Qui n’empêche en rien de danser le soir venu, ce n’est pas incompatible.
A condition que la paix soit là, à condition que nous contenions le retour de la barbarie –une autre des grandes spécialités de l’homme, sa plus aboutie peut-être.
A ce prix, nous réussirons la Troisième révolution.
A ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons encore ».
Fred Vargas

Présents : 

Bruno, Vincent, Tristan, Johan, Valère, Christine, Pauline, Laurent, Samuel, Sophie, Claudia.

 

Pour le blog 

Tristan nous explique comment ça marche…

Adresse : objecteursdecroissancelille.wordpress.com

Certains voudraient écrire dans le blog ; Tristan leur enverra la marche à suivre.

Remarque : il serait opportun de présenter les candidatures aux élections législatives sur le blog

 

Avancées de la plaquette

Le petit groupe de travail a bien avancé sur les ébauches de logo « escargot »

Présentation des ébauches au collectif

Le groupe continue le travail et on décidera la prochaine fois du logo final que portera la plaquette

 

Tract de présentation pour les élections législatives

Unanimité sur l’escargot de Bourgogne (de Lille), vivant (belle bête, l’escargot !)

En Effet, il devient urgent de terminer ce tract pour pouvoir le distribuer

Tracter bien en amont des évènements

 

Problèmes de salles 

A Villeneuve d’Ascq, il sera très difficile d’obtenir des salles, toutes les salles étant réservées jusqu’en Septembre !

On avait normalement la salle du LCR du Sart

Coup de fil jeudi matin : la directrice s’y oppose car on est, d’après ses « recherches sur internet », un «parti politique » ; elle n’a rien voulu entendre…

Il faut maintenant trouver une association à la fac de Lille 1 ou Lille3 pour pouvoir investir une salle

Tristan va voir parmi ses connaissances.

Nous demanderons aussi une salle à la MRES

 

Remarques : du collectif

On peut aussi fonctionner sur des assemblées populaires dans la rue, dès qu’il fera beau.

 

A vos agendas

  • La réunion des objecteurs de croissance du  25 avril est annulée et sera reportée au 30 avril à 19 h 30 soit au café citoyen, soit au café Morel

Claudia se charge de voir avec le café Morel, quelles sont les possibilités

Ne pas oublier pour  le 30 04, réunion conviviale : venez avec vos textes ou vos bouquins à échanger

  • Réunion organisation le 9 mai à 19 h 30 soit au café citoyen soit au café Morel
  • Samedi 14 avril : pique nique devant la mairie de Lille avec les cyclopaysans et transhumance du troupeau vers la place de la république suivie d’une action avec le village
  • Le 16 juin : projection du film simplicité volontaire et décroissance 1 à l’univers, suivi d’un débat

Un point sur les candidatures aux législatives

  • Christine et Valère se présentent dans la deuxième circonscription
  • Tristan et Ophélie se présentent dans la première circonscription
  • Bruno se présentera sur la circonscription de Valenciennes, pour peu qu’il  trouve un suppléant

Le groupe irait alors le soutenir soit en faisant une projection débat, soit sous une autre forme, pour faire connaître le collectif par lequel il est soutenu.

 

Si d’autres escargots veulent être candidat, qu’ils n’hésitent pas à nous le faire savoir

oclille-contact@lists.riseup.net